mercredi 21 février 2007

Nucléaire: Téhéran inflexible à la veille d'un nouveau rapport de l'AIEA

mardi 20 février 2007, 19h40

VIENNE/TEHERAN (AP) - Sommé par l'ONU de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium avant le 21 février, l'Iran ne semble pas vouloir satisfaire à ces exigences, malgré la menace d'un renforcement des sanctions sur la base du rapport que doit présenter mercredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

A la veille de cette échéance, le principal négociateur iranien Ari Larijani a assuré mardi à Vienne, avant de rencontrer le chef de l'AIEA Mohamed El-Baradeï, que son pays cherchait "des moyens d'entamer des négociations" sur son programme nucléaire, sans toutefois rien évoquer qui suggère une volonté de Téhéran de répondre aux attentes de la communauté. Il a en outre mis les Etats-Unis en garde contre la tentation de "monter sur le ring".

Depuis longtemps, l'Iran refuse de suspendre ses activités nucléaires sensibles préalablement à l'ouverture de négociations. "La condition qu'ils ont fixée pour les discussions est une condition qui nous prive de nos droits", a ainsi réaffirmé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, mardi dans le nord du pays, devant une foule de plusieurs milliers de personnes.

"Nous n'avons jamais recherché la confrontation et la tension. Nous avons toujours été favorables au dialogue, mais un dialogue dans des conditions équitables", a-t-il expliqué, ajoutant que Téhéran était prêt à reprendre les pourparlers et à suspendre l'enrichissement d'uranium... si les pays occidentaux faisaient de même. Toute tentative de coercition se heurtera à "l'unité et à la résistance de la nation iranienne", a-t-il averti.

Le 23 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution imposant des sanctions limitées à Téhéran et lui donnant 60 jours pour suspendre l'enrichissement d'uranium, sous peine de prendre des mesures supplémentaires.

L'Iran a jugé la résolution "illégale" et a invoqué le Traité de non prolifération (TNP) pour défendre son droit à maîtriser le cycle nucléaire. Washington et plusieurs de ses alliés occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir mettre au point l'arme nucléaire, alors que le régime islamique soutient qu'il ne veut que produire de l'électricité.

Mohamed El-Baradeï considère dans un entretien publié mardi dans le "Financial Times" que Téhéran pourrait être en mesure d'enrichir de l'uranium à une échelle industrielle dans un délai de six mois. Hostile à l'option militaire, il juge aussi que des sanctions "seules ne marchent pas et dans la plupart des cas, radicalisent" un régime.

A Paris, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères a noté "avec prudence" que les sanctions semblaient avoir provoqué dans la période récente un "certain débat en Iran sur l'attitude à observer" au sujet du nucléaire. Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy devrait évoquer le dossier mercredi en Russie puis la semaine prochaine en Chine, deux pays possédant un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU et qui se montrent souvent réticents à prendre des mesures de coercition contre l'Iran.

Mais le climat s'est tendu récemment entre Moscou et Téhéran. Sergueï Novikov, porte-parole de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, a averti mardi que des défauts de paiement de l'Iran pour la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr (sud du pays) devraient "affecter le projet de lancement de la centrale en septembre, et par conséquent, le programme de livraison de combustible nucléaire". La veille, Téhéran, qui doit verser 25 millions de dollars (19 millions d'euros) par mois, avait démenti tout retard. AP

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http://fr.news.yahoo.com/20022007/5/nucleaire-teheran-inflexible-la-veille-d-un-nouveau-rapport-de.html

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